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L’Histoire est une discipline de l’heure

 

Une bonne connaissance de cette discipline permet de développer un esprit critique, d'améliorer sa prise de parole et de défendre son point de vue. Pour exceller dans les grandes écoles, elle exige beaucoup de culture générale. Interview d'un enseignant d’Histoire, Géographie et ECM au Collège B Olive, Batibonack Guy Alain.

 

Batibonack Guy Alain histgeoecm B O live

 

Aulycee : quelle est votre vision de cet enseignement?

 

Batibonack Guy Alain : Je suis diplômé de l’Université de Yaoundé I, notamment avec un Master en Histoire. Au niveau des enseignements secondaires, il est arrivé que les enseignants d’Histoire doivent simultanément dispenser la Géographie et l’Education à Citoyenneté et à la Morale. Ces matières ont des thématiques identiques, C’est pourquoi je suis amené à dispenser ces cours sur le terrain.

Ce sont de très bonnes matières qui nécessitent une grande ouverture d’esprit de la part de l’enseignant et des élèves. Dans la mesure où les thèmes abordés sont d’actualité et peuvent contribuer au développement de notre nation. Je suis enseignant vacataire ici à B Olive depuis 4 ans.

Je suis les classes de Terminales et tout se passe bien au niveau du traitement et des enseignements. C’est vrai que chaque année on a des personnes qui arrivent avec des comportements nouveaux, mais dès le début on essaie de les modeler pour qu’elles aient l’esprit de la maison.

Le collège n’est pas une personnalité à part entière, c’est plusieurs personnalités et moralités qu’on doit gérer.On essaie d’éduquer aux enfants les bonnes valeurs quitte à eux d’adhérer au système. S’ils refusent de le faire on a des moyens de contraintes pour les ramener à l’ordre. Ici les enseignants participent beaucoup à cela.

 

Aulycee : estimez-vous votre parcours en cohérence avec votre profession ?

 

Batibonack Guy Alain : Oui je trouve que tout est en cohérence dans la mesure où j’ai une spécialité en Histoire économique et sociale. Ce qui fait que sur le terrain, j’enseigne ce que j’ai appris. Donc il n’y a pas une inadéquation entre ma formation et ce que je fais.

J’ai du faire des stages, des séminaires de renforcement des capacités, chaque année avec les inspecteurs régionaux, pour améliorer la pédagogie, mais le fond reste le même. C’est vrai au lycee, l’enseignement n’entrais pas trop dans mes projets. J’ai découvert ce talent en moi dans le supérieur.

A l’Université on avait l’habitude de faire des exposés. On avait le privilège de prendre la parole devant un auditoire et de défendre son point de vue. J’ai constaté que j’avais cette faciliter de m’exprimer et de défendre un point de vue. Pour l’instant, je m’y plais et je m’épanoui dans ce métier.

Je voudrais apporter ma contribution dans le développement de mon pays. Les responsabilités sont partagées et tous les citoyens sont même interpellés. A mon niveau je partage le minimum de connaissances que j’ai pour construire un Cameroun nouveau.

 

Aulycee : quelle est votre approche pédagogique?

 

Batibonack Guy Alain : Une approche particulière dans toutes mes classes. J’adopte la méthode par découverte dans la mesure où de nos jours les enfants sont éveillés et très cultivés.

Avant même d’introduire une leçon j’amène l’enfant à avoir une idée du contenu à partir d’un contexte. Pour l’amener à découvrir lui-même le thème sur lequel nous allons travailler. Il s’agit de partir du général au particulier en ce qui concerne les notions d’une discipline.

 

On peut parler par exemple de la colonisation, on peut amener l’enfant à savoir quelle est la langue qu’on parle au Cameroun et pourquoi. C’est à lui de savoir les évènements qui se sont déroulés dans le passé pour que nous parlions aujourd’hui le français et l’anglais. S’il se souvient, il dira que la France et l’Angleterre ont séjourné au Cameroun, et au moment de l’indépendance, on a institué les langues officielles.

J’aime bien me faire accepter auprès de mes élèves pour avoir une certaine considération. A un moment donné, ils peuvent devenir répulsifs. Tout dépend de l’attitude, de la personnalité et du charisme de l’enseignant. Une fois que l’enseignant est accepté, les élèves sont prédisposés à suivre ses enseignements.

 

Aulycee : quelle est votre vision de cet enseignement au Cameroun ?

 

Batibonack Guy Alain : En tant que jeune chercheur, je constate que certains faits historiques de notre pays sont tronqués et voilés. Les faits qu’on dispense ne sont pas toujours vrais dans la mesure où les ressources utilisées dans l’élaboration des cours proviennent des archives coloniales. Ainsi on a plusieurs auteurs européens avec un tempérament, qui a conduit à minimiser certains faits et donner un autre sens à la vraie histoire.

En tant qu’historien, je trouve que cette discipline vient à point nommer dans la mesure où elle peut permettre à la jeunesse particulièrement, de mieux connaître l’histoire du pays, et de prendre conscience des difficultés traversées par le passé. C’est important pour mieux comprendre le présent, et préparer un Cameroun émergent.

On a encore beaucoup à apprendre. L’Etat devrait mettre un accent sur l’histoire du Cameroun pour que la jeunesse sache exactement ce qui s’est passé, pour mieux comprendre l’environnement de leur pays, et avoir une vision plus concrète.

Les programmes n’ont vraiment pas été actualisés. On a juste revue les méthodologies et les approches des enseignements, mais les choses sont restées les mêmes. Nous avons toujours décrié ce système.

Certes on parle d’histoire contemporaine, uniquement dans les classes d’examens où on met l’accent sur les deux guerres mondiales. Elles ont totalement modifié le cours des évènements sur la scène internationale.

En histoire en particulier les enseignements ne s’adaptent pas aux besoins des populations camerounaises et ne sont pas suffisamment améliorés.

En géographie Ecm c’est passable, mais beaucoup reste à contextualiser. C’est vrai que nous avons des auteurs locaux mais quand vous observez la bibliographie, ils s’inspirent des auteurs européocentristes. Donc il n’y a pas une grande différence, c’est presque les mêmes idées, les mêmes informations, ils n’apportent pas une touche personnelle.

 

Aulycee : Est-ce à dire qu’il n’y a pas eu d’écrits sérieux sur l’histoire du Cameroun ?

 

Batibonack Guy Alain : Non, il y a eu des écrits de nos historiens mais ils l’on fait avec un tempérament. Il faut savoir que l’histoire est toujours écrite par les acteurs. A un moment donné les archives sur le Cameroun sont détenues par les anciennes puissances coloniales.

L’histoire est écrite par les vainqueurs, et il est difficile d’écrire une histoire où les acteurs sont encore vivants. Parfois les historiens attendent deux ou trois générations pour relater certains faits surtout que dans la plupart des pays africains, l’état de droit n’est pas définitivement acquis.

Pour éviter les poursuites judiciaires, ils préfèrent être prudents dans leurs publications et leurs ouvrages. Tout dépend aussi de leurs obédiences et de leur tendance politique qui ont a mon avis une influence dans leurs écrits.

 

Aulycee : Avez-vous été formé pour enseigner la Géographie et l’ECM ?

 

Batibonack Guy Alain : A l’université on avait des matières qui parlaient essentiellement de la géographie mais ma spécialisation c’est l’Histoire Economique et Sociale. La géographie est liée à l’économie, le développement, le PIB et le PNB, bref ce sont des discours qui vont ensemble.

En ECM le raisonnement n’est pas différent. Si on doit en parler, il est important de puiser dans certains faits historiques pour montrer à l’apprenant comment est né le nationalisme et à quel moment les Camerounais sont devenus des citoyens. Il serait tout même plus intéressant de voir intervenir des juristes dans cette discipline qui concerne le droit.

Nous les historiens, nous faisons des recherches dans des documents techniques tels que la Constitution camerounaise par exemple si on doit parler de son évolution aux enfants.

On est amené à actualiser les données en fonction de l’évolution politique, tout en respectant le programme donné par le Ministère des Enseignements Secondaires.

 

Aulycee : Quelle est la perception des élèves de l’Histoire, de la Géographie et de l’ECM ?

 

Batibonack Guy Alain : Ils trouvent l’Histoire difficile contrairement à la Géographie qui est une matière vivante. L’histoire nécessite une grande culture et beaucoup de lecture. Certains ont du mal à maitriser la chronologie des évènements. On note plusieurs anachronismes dans leurs raisonnements et ils disent toujours qu’ils n’arrivent pas à s’en sortir avec les dates.

 

L’histoire est très vaste et tout dépend du thème : Histoire classique, médiévale, du moyen âge etc. En plus d’une bonne culture, il faut avoir de bonnes capacités de rétention. Certains s’en sortent bien sur même si la majorité rencontre de graves difficultés.

En tant qu’enseignant, je les amène à aimer cette discipline, à connaître l’histoire de l’humanité. Ils doivent comprendre ce qui se passe, analyser les enjeux ou les conséquences de ces faits. Ma méthode pour accrocher et garder l’attention des élèves c’est l’actualisation des cours et la recherche des thèmes qui touchent leur sensibilité. Je me dis que s’ils se sentent directement concernés, ils vont s’impliquer davantage.

Le fait est qu’ils ne sont pas totalement désintéressés mais ils trouvent cela pénible, comme tout enseignement d’ailleurs. Mais ils seraient mieux à l’écoute si les programmes étaient révisés et adaptés à leurs besoins.

Ces derniers temps, nous organisons des TD et des exposés en Histoire, Géographie, ECM dès la classe de 3ème sur la géographie régionale par exemple. En Terminale on étend sur les grandes puissances.

A un moment donné, les travaux pratiques sont comme un jeu pour eux, mais ils ne savent pas ce qu’ils gagnent en retour. D’abord la recherche est exigeante avec la mention obligatoire des sources dans une bibliographie, ce qui est une méthode scientifique.

Ensuite la prise de parole, la défense de son point de vue développe en eux des qualités d’orateur. Enfin la phase des réponses aux questions de l’enseignant, assis au fond de la classe en tant qu’observateur, fait grandir en eux l’esprit critique et l’acceptation du débat.

Ils sont plus enthousiastes aux séances de TP en Géographie pour utiliser les cartes économiques. Je leur demande par exemple de localiser les grands domaines agricoles. On accroche la carte dans un coin de la classe et on envoie chaque élève identifier un aspect. Là ils sont directement impliqués, car ils ont peur de décevoir l’enseignant, les membres du groupe ou les camarades. Quand l’enseignant annonce ces travaux à l’avance ils font des recherches.

 

Aulycee : quelle est la perception des parents de ces disciplines ?

 

Batibonack Guy Alain : Pour les parents, l’Histoire, la Géographie, l’ECM ne rentrent pas dans le groupe des matières difficiles. S’il faut renforcer les capacités de l’enfant à la maison, ils vont prendre un répétiteur en mathématiques par exemple. Ils estiment que l’enfant en lisant ses cours d’Histoire Géographie ECM peut s’en sortir, car pour eux ce sont des matières faciles. Ils n’accordent pas assez de crédit à ces disciplines. Sur le plan scolaire ce sont des matières de 2ème groupe, voir 3ème groupe.

 

Aulycee : quels sont vos projets professionnels actuels ?

 

Batibonack Guy Alain : Je fais des recherches à mon niveau pour apporter ma modeste contribution dans la rédaction, la reconstitution de la vraie histoire de mon pays. En faisant des publications pour sensibiliser la jeunesse sur la parcours que nous avons déjà eu, et montrer que ce qui nous arrive maintenant est la conséquence de ce qui est arrivé dans le passé. Par exemple je cherche à montrer dans quel contexte on a accédé à l’indépendance, pourquoi on se retrouve dans une sorte de léthargie politique et économique.

Il s’agit de montrer des perspectives ou des ouvertures pour un changement et un Cameroun meilleur. Mes publications ne paraissent pas encore dans des revues connues. Elles sont publiées dans un instrument de communication titré « Hikoko », entendez Balafon, qui appartient à une association universitaire d’étudiants Bantou, et qui parait tous les 6 mois.

 

Aulycee : Partant de votre discipline comment envisagez vous l’avenir de vos élèves ?

 

Batibonack Guy Alain : Pour ceux qui vont exceller, il est promoteur car il y a pas mal d’ouvertures. On a déjà l’enseignement qui s’ouvre à eux, mais aussi les concours de la Gendarmerie, de l’Armée. Ils peuvent être admis à l’ENAM, car les historiens sont tellement cultivés, et il n’y a pas un sujet sur lequel ils peuvent rester sans mot dire. C’est vrai qu’on a besoin de spécialisation à un moment donné, mais à la base aucun sujet ne peut leur être totalement étranger. Avec une grande ouverture d’esprit, ils peuvent présenter les concours de l’IRIC ou de l’IFORD. Ils peuvent opter pour des formations dans les grandes écoles en management, entreprenariat, et informatique.

Pour ceux qui vont décider de s’ouvrir pas toujours à l’administration, qui vont décider de se former dans les disciplines de l’heure, ça ira bien. Malheureusement beaucoup de jeunes pensent pourvoir travailler un jour à la fonction publique. Tout part de notre système éducatif, on forme les jeunes pour l’administration et les enseignements sont beaucoup plus théoriques. Il y a de nos jours une inadéquation entre la formation et l’emploi.

Les places sont limitées à l’ENS, et quand ils n’arrivent pas à l’intégrer, ils vadrouillent sans faire quelque chose de concret, oubliant qu’il y a une multitude de formations de nos jours. Il y a des écoles comme l’ISTAG où on peut se former en deux ou 3 ans et en sortir avec un BTS ou une licence professionnelle. Le but c’est d’être plus compétitifs sur le marché de l’emploi. Donc à mon avis l’avenir est promoteur pour ceux qui vont rester ouverts d’esprit et pour ceux qui ne vont pas se limiter eux-mêmes.

 

Aulycee : L’attention des élèves baisse aussi quand on annonce juste deux semaines avant les examens officiels le choix entre l’Histoire et la Géographie.

 

Batibonack Guy Alain : Dans les petites classes, les élèves sont plus réceptifs, car ils récitent beaucoup et raisonnent très peu. On développe en l’enfant des mécanismes et des automatismes. Dans les grandes classes on les amène à avoir un esprit critique et à montrer la pertinence d’un point de vue. L’intérêt à nos matières passe aussi par les examens officiels. On sait d’une manière générale que lorsque les matières de 1er groupe sont passées, les élèves se rattrapent dans celles de 2ème groupe. L’annonce du choix de l’Histoire ou de la Géographie se fait 2 semaines avant le début des examens. C’est une décision de la haute hiérarchie.

 

Nous à notre niveau, pour ne pas pénaliser nos élèves, nous prenons le soin de couvrir le programme et de les évaluer tout au long de l’année. Un mois après la 6ème séquence, lorsque nous avons abordé les phases de révisions, nous demandons aux enfants de préparer l’examen sur d’autres matières et de mettre de côté l’Histoire et la Géographie. Une fois qu’on a annoncé que c’est l’Histoire ou la Géographie, ils doivent réviser sans attendre la dernière minute. C’est ce que je conseille à mes élèves. Ça ne sert à rien de travailler sur une discipline qui ne viendra pas. Je leur dit d’éviter de travailler sans aucune base pour se faire rattraper par le temps.

 

J’aime bien faire comprendre à mes élèves qu’ils sont des malades. Tout malade a besoin d’une thérapeutique adéquate pour aller vers la guérison. Nous les enseignants, nous sommes leurs médecins. S’ils ne participent pas, s’ils ne nous disent pas ou ne se plaignent pas, nous ne sauront pas à quel niveau travailler, ni quel sera le médicament approprié. Je les amène beaucoup à participer et à poser des questions. Rien qu’à travers cette technique j’arrive vraiment à combler leurs lacunes.

 

Propos recueillis par Amelie Laure Kemouo

Mise à jour le Lundi, 10 Mars 2014 10:58
 
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Physique Chimie et Technologie

 

Des débouchés multiples, un moyen de gagner sa vie. Enseignant de PCT au collège B Olive, Djomkam Elvis Michel prend sa revenge sur le destin par le travail, la capacité à se dépasser et l’amour du métier. Il termine sa thèse en parallèle en Pharmacobiologie à l’Université de Yaoundé I.

 

Aulycee : estimez-vous votre parcours en cohérence avec le métier d’enseignant ?

 

Djomkam Elvis Michel: Je suis enseignant de Physique Chimie et

Technologie (PCT) au collège B Olive depuis 4 ans. Je suis diplômé des universités camerounaises et étudiant en thèse de doctorat à l’Université de Yaoundé I. Je tiens les classes de Terminales C et D Première A, C et D, et 2nde A, et C.

Mon parcours académique m’a conduit vers l’enseignement parce que notre pays regorge de moins de sociétés. Il y en a certes dans le domaine de la Physique Chimie, mais avec mon niveau d’études, je suis plus orienté vers l’enseignement qu’en entreprise. Cela dit, j’ai toujours voulu enseigner puisque j’ai été enseignant vacataire à l’université pendant 5 ans. Depuis la classe de 3ème je fais dans l’accompagnement scolaire en donnant des cours de répétitions.

 

Aulycee : pourquoi enseignez-vous la PCT ?

Djomkam Elvis Michel:L’histoire remonte à quelques années. J’étais en classe de 2nde. .Pour la première fois j’abordais la Chimie. J’avais eu 02/20 de moyenne sur ma copie. Nos anciens professeurs classaient les notes et le professeur de physique Chimie a lu les notes d’évaluation par ordre décroissant. Par la suite, j’avais décidé de croire que cette matière n’est pas aussi difficile que ça.

 

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Aujourd’hui je l’enseigne non seulement pour me faire du bien et chasser en moi cette frustration d’avoir eu 02/20, mais pour faire plaisir à mon professeur de Physique Chimie au lycée de Mbanga dans le Moungo, M. Ngaa qui enseignait tellement bien de manière rigolo. Je n’avais jamais obtenue une telle note dans une salle de classe. Pour montrer que la matière était facile, ce professeur se moquait de ceux qui avaient la sous moyenne. Je ne sais pas dans quel établissement il est affecté aujourd’hui, mais c’est en comparaison à lui que j’ai aimé cette discipline.

 

 Une fois arrivé à l’université, j’avais choisi la Physique Chimie. Quand on avançait, on a scindé les deux filières. Il fallait choisir entre la Chimie organique, l’Informatique et la Physique. J’étais celui qui expliquait aux autres camarades et à la longue j’étais plus à l’aise qu’avec les sciences ou les mathématiques. J’étais vraiment attiré par la Physique Chimie au regard de mon parcours scolaire et académique, mis à part la classe de 2nde. Je me dis à ce jour que j’avais une vocation à enseigner cette matière.

 

 Aulycee : Comment aidez-vous vos élèves pour qui la Physique Chimie est la bête noire ?

Djomkam Elvis Michel:Quand je me réveille chez moi à 4 h 00, je me demande toujours en premier comment faire pour qu’en ma matière il n’y ait pas de sous moyenne. La Physique Chimie n’est pas difficile. Je ne vois personne qui ne travaille pas et qui peut avoir la moyenne. En sciences, il faut faire un exercice similaire pour s’en sortir dans l’exercice proposer par l’enseignant.

 Si vous ne faites pas les travaux dirigés, vous ne cherchez pas vous-même, vous ne participez pas à la correction, vous ne posez pas de questions, je ne vois pas comment vous pouvez vous en sortir. Je les exhorte à toujours maîtriser son cours avant de passer aux exercices. Il faut faire beaucoup d’exercice, savoir comprendre l’enseignant et cerner où on va.

Un cours de PC n’est pas un cours d’Histoire et Géographie. Pour lire un cours de PC il faut comprendre les phénomènes, les équations, les expériences et les mécanismes. Il ne s’agit pas de le lire comme on lit un cours de littérature mais il s’agit de comprendre le pourquoi.

 

 Aulycee : Qu’est qu’il faut avoir à la base pour s’en sortir ?

Djomkam Elvis Michel:Il faut avoir ses documents de base : ses livres, sa calculatrice, sa boite académique les règles et tout. Puis il faut être disponible à travailler.

 

 Aulycee : Quelle est votre méthodologie ?

Djomkam Elvis Michel:Je prends toujours la peine d’expliquer aux enfants en début d’année scolaire ce qu’on attend d’eux. Je prends toujours des exemples palpables. Ça ne sert à rien qu’on vous parle des choses que vous n’aurez jamais l’occasion de voir dans un laboratoire, vu les conditions de notre école. Je prends des exemples palpables pour parler de Becher, Erlen on essaie d’utiliser des cuvettes car là on n’a pas besoin d’aller dans un laboratoire pour les exercer avec le peu de matériel qu’on a dans l’établissement.

 

 J’ai la chance d’être en thèse de doctorat et d’aller emprunter quelque matériau avec l’ordre du chef de laboratoire et les ramener. Je me porte garant, car j’ai une collaboration entre le laboratoire et mon encadreur de thèse qui sait que je suis enseignant dans un collège. Tout ce qu’on appel Erlen, burette, ampoule à décanter ainsi de suite. Dans le domaine de la chimie c’est important car les enfants entendent toujours parler de Becher, ils n’ont jamais vu un Becher. Je leur présente le matériel mais nous ne manipulons pas. Mon souhait c’est que un jour je puisse manipuler les outils avec ces enfants.

 

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Aulycee : Quelle est la perception des élèves de la PC

Djomkam Elvis Michel:Nos élèves dont difficiles en travaux pratiques. Ils croient que c’est une séance de jeu. Parfois je dois les forcer à suivre. Ils sont habitués à copier comme ont dit en anglais copy to copy. Cet état part dès la base. Un enfant qui part d’un autre collège pour la 2nde pour ici il trouve un enseignant qui a tendance à faire plutôt de la pratique, et ça devient difficile. Les élèves que je suis depuis la 2nde sont plus disponibles au TP. Au privé il est difficile de suivre un élève de la 6ème en Tle sans qu’il ne change d’établissement C’est notre difficulté, car ces élèves pensent que l’enseignant augmente le programme. Il faut mettre l’accent sur la pratique, l’idéal ce serait d’avoir des TP à tous les cours.

 

 Aulycee : Quels sont vos projets ?

Djomkam Elvis Michel:Après ma thèse j’espère enseigner à l’université. Pour le moment j’ai quelques heures dans un institut mais comme doctorant. Je travaille comme assistant d’un docteur. Une fois que j’aurai mon doctorat, je pourrais avoir mes cours dans les instituts supérieurs.

 

 Le monde de l’entreprise est complexe au Cameroun. S’il y a une firme pharmaceutique qui m’ouvre une ne porte pourquoi pas. J’aimerai aussi devenir chercheur, mais la conjoncture actuelle ne nous permet pas à nous les jeunes Camerounais de rêver plus loin. C’est pour cette raison qu’on se bat avec ce qu’on a sous la main.

 Je suis doctorant en Chimie organique. Mon thème c’est « Etude des fonctions bioactives sur deux plantes médicinales africaines » Tant que je n’ai pas encore soutenu je ne peux pas donner le nom des plantes, car un autre peut utiliser la même plante pour me devancer.

 

  L’Université de Yaoundé I,  a deux branches en Chimie organique : la synthèse et la pharmacobiologie. Moi, je fais pharmacobiologie. Le but c’est d’isoler des molécules pouvant permettre la synthèse des médicaments, des fonctions actives des molécules, qui peuvent aider à la synthèse de nouvelles formes de médicaments. Vous savez les plantes regorgent d’énormes quantités de principes actifs et les isoler permet de tester ses souches de bactéries et de microbes, pour pouvoir savoir si on peut modifier telle sorte de médicaments par telle autre.

 

 Aulycee : Concrètement est ce que vos élèves pourront être capables de fabriquer demain ?

 Djomkam Elvis Michel:Oui, énormément de choses. A chaque fois je leur dit le paracétamol, l’aspirine, le savon, le menthol peuvent être fabriqués ici. Je suis capable d’isoler, de faire l’émisynthèse et voir même la synthèse d’un potentiel produit pouvant servir à la médecine. Quand tu peux faire l’émisynthèse tu peux travailler à grande échelle. Actuellement nous n’avons pas trop de laboratoires au pays et les recherches restent beaucoup dans les archives. On ne produit rien, on importe certains produits, mais chaque jour dans nos universités on isole les composés. Ce sont en réalité de potentiels candidats pour les médicaments contre le paludisme, le cancer, des radicaux libres, des antioxydants qui attendent des moyens, pour qu’on essaie d’en faire quelques chose sur le marché.

 

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Aulycee : Comment envisagez-vous l’avenir des jeunes élèves ?

Djomkam Elvis Michel:Depuis que je me frotte à l’enseignement, l’avenir je ne dirai pas qu’il est sombre mais il ne faut pas se voiler les yeux. Nos jeunes ne sont pas engagés à ce qu’il envisage faire. On dit qui veut aller loin ménage sa monture. On ne se lève pas un matin pour être chef d’entreprise, ça part dès la base. On ne se lève pas un matin pour être enseignant. On doit d’abord aimer ce qu’on fait, aimer l’école.

 

 Le savoir, les idées, se canalisent à partir de l’école. Quand je regarde mes jeunes camarades de la Terminale, de la Première, de la 2nde pour les grandes classes, beaucoup ne savent pas ce qu’ils cherchent. C’est vrai on ne sait pas à quoi ils peuvent accéder demain, mais il faut faire la part des choses. Je me demande franchement si certains savent qu’ils sont en classe d’examen parlant de mon collège, je ne sais pas ce qui se passe ailleurs.

 

 On est à moins quelques mois des examens, mais certains ne se préparent pas bien : ils ne cherchent pas leurs exercices, ils ne viennent pas au cours, ils viennent seulement composer. Quand ils cherchent l’enseignant c’est pour revendiquer les notes. La jeunesse actuelle a beaucoup à faire. Il me semble qu’il y a beaucoup de facilités de nos jours. Un aîné m’avait dit à notre époque, dans les années 90, notre génération entrait alors au lycée, il n’y avait pas de télé, de PlayStation, ou d’Internet.

Même avec l’Internet qui est là pour accélérer leur éducation, ils ne font pas de recherches, c’est du copier-coller. Je me rappelle de ma classe de Première. J’avais donné un exposé sur la pollution, ils sont tous allés sur Wikipédia copier même les parties soulignées en bleu, aucune synthèse.

 

 Ça n’a rien à voir avec l’organisation du collège. Je me dis l’administration fait sa part des choses et l’élève refuse de faire son devoir. L’éducation a trois formes : l’école, l’élève et les parents. Les parents peuvent faire leur devoir, ils payent la scolarité et les livres. L’administration recrute les enseignants, ferme les portes quand les élèves sont en retard, essaie de les punir quand ils commettent des fautes, mais la dernière touche revient à l’élève. Vous avez constaté que le portail est fermé, peu d’élèves flânent dans la cour. C’est vrai, ils sont en salle de classe. Mais sont-ils réellement présents pour suivre les cours dispensés ? Prennent-ils la peine de relire et refaire l’exercice à la maison ? Autant de questions qu’on se pose.

 

 Un élève qui ne s’engage pas, on ne peut pas s’attendre à grand-chose de sa part. Cet élève est appeler à reprendre et s’il est même admis, il n’aura pas une bonne mention. Un résultat qui peut influencer la suite de son parcours. Les élèves le savent au fond d’eux, puisqu’ils sont fiers d’obtenir un 14/20 mais quand ils ont un 4 ou un 7, c’est d’abord la faute à l’enseignant. Quand bien même ils savent qu’ils n’ont pas participé au cours.

 

 Aulycee : A 5 mois des examens officiels quel est votre bilan quand on sait que le second trimestre est très cours ?

Djomkam Elvis Michel:Dans ma matière cette année, je n’ai pas encore eu de retour satisfaisant puisque je n’ai pas encore eu un 16 /20. Je leur ai promis deux barres de craies pour celui qui aura cette note et ils se sont moquer de moi. Les notes oscillent actuellement entre 12 ,50 et 01 sur 20. Il y a des 0 aussi. Je connais des élèves qui ne réussissent pas, parce qu’ils ont été exclus pour pension non payée et qui ont raté des cours. Là c’est la faute aux parents, qui oublient que pendant les deux ou trois jours d’exclusion, l’enfant était entrain de perdre les cours. Ils reviennent payer mais l’enfant a déjà perdu une semaine et ne peut plus se rattraper.

 

 Déjà qu’on a des enfants qui ne sont pas travailleurs, l’élève revenant de la maison va juste compter le nombre de pages dans son cahier, mais il ne va plus jamais recopier les leçons perdues. C’est démotivant à la limite. Quand tu te lèves à 04 h00 pour préparer un cours, tu arrives et tu trouves 10 élèves pour une classe de 25. Les absents viendront composer le jour de l’évaluation, mais ils vont mettre ton pourcentage au rabais. Au lieu de 10 de moyenne on aura des 6 /20.

 

 Pouvez-vous nous parler des débouchés en Physique Chimie et Technologie?

Djomkam Elvis Michel:Les années changent et comme nous la dit notre Président de la République, il faut innover. Il ne faut pas toujours attendre que l’Etat crée. Je les encourage à faire la Physique Chimie, car c’est un domaine très vaste. C’est facile de passer de la Chimie en Environnement, de la Physique en Mathématiques ou en Informatique. Donc, il y a beaucoup d’ouvertures, c’est un chemin que j’ai emprunté, et je ne peux pas les décourager.

 

 J’ai eu une vocation d’enseigner, mais mes élèves peuvent exercer d’autres métiers à partir de ces disciplines. Il y a la pétrochimie, il y a la chimie des matières plastiques comme les matelas, les chaises en plastique, il y a la chimie de la production des alcools, des alimentaires comme c’est le cas aux Brasseries du Cameroun. Je ne peux pas dire de manière globale qu’il n y a pas d’industries. Peut être que les sociétés ont atteint leur cota de personnes, mais je leur promets que d’ici 4 ou 5 ans la situation va changer.

 

 Donc, ces filières n’ouvrent pas seulement à l’enseignement, on devient enseignant au collège ou à l’université par vocation. Vous avez des personnes qui peuvent s’en sortir en entreprise mais qui préfèrent aller enseigner et vis versa. La Physique Chimie Technologie peut être un moyen de gagner leur vie.

 Au Cameroun nous avons : les UIT, les Facultés tels que le Génie Industriel à l’Université de Douala, les Ecoles Normales Supérieures, L’Ecole des Mines de Meiganga, l’ENSIA à Ngaoundéré, l’ENSET à Douala.

 

 Aujourd’hui avec l’outil Internet, plus besoin de se déplacer à chaque fois pour se renseigner. L’élève va sur le site du Ministère de l’Enseignement Supérieur, il tape les mots clés écoles et instituts et il a un longue liste de résultats de recherche.

 

 Propos recueillis par Amelie Laure Kemouo

 

 

Mise à jour le Lundi, 10 Mars 2014 10:57
 
L'informatique: un challenge et un atout PDF Imprimer Envoyer

L'informatique: un challenge et un atout

 

« C’est une passion pour moi de savoir que les autres évoluent grâce à mon apport. J’enseigne l’informatique parce que je crois que c’est la base de tout » Professeur d’informatique au collège B Olive, Yannick Patrice Bagnack compte bien mettre ses élèves à la page des TIC.

 

Yannick P atrice Bagnack Info B olive

 

Aulycee. net : estimez-vous votre parcours en cohérence avec votre profession ?

 

Yannick Patrice Bagnack: Toutes choses qu’on fait part d’une initiation. En qualité d’expert en réseaux et télécoms avec une base en informatique, je crois qu’il était important de transmettre une matière grise à ces jeunes gens. Ils en ont besoin pour mieux adapter leur parcours scolaire.

 

Pour la petite histoire, pendant que j’avais quelques mois on m’appelait déjà enseignant en langues. C’est quelque chose d’inné, de naturel, c’est une chose que je n’ai pas forcé. J’aime transmettre les connaissances qui sont bourrées en moi. J’ai eu des stages en entreprise tel que la CAMTEL, mais je voulais faire tout mon parcours professionnel dans l’enseignement, et l’éducation en général.

 

Je suis par ailleurs promoteur d’une ONG camerounaise pour l’éducation et l’emploi. Je suis en même temps auteur de livres en informatique. «  La clé du succès » par exemple en informatique est de moi. C’est une passion pour moi de savoir que les autres évoluent grâce à mon apport.

 

J’enseigne l’informatique parce que je crois que c’est la base de tout. Aujourd’hui avec le réseau Internet, vous pouvez être à la maison et vous vous formez mieux que celui qui est allé dans un grand centre de formation. Si vous êtes élève, étudiant et autre et respectez les quatre conditions suivantes : avoir un ordinateur desktop ou lap top, avoir une bonne connexion Internet, avoir le programme adapté à son cursus, avoir une bonne discipline de travail, alors vous vous retrouvez à une dimension aussi haute que vous ne l’imaginez pas. Dès lors l’informatique devient votre monde.

 

Moi je n’ai pas fait d’informatique au lycée donc c’est un enthousiasme qui m’anime de voir les autres au secondaire et au supérieure avoir accès à cet outil précieux grâce à mon apport.

 

Aulycee: quelle est votre approche pédagogique ?

 

Yannick Patrice Bagnack: L’approche par compétence : susciter le questionnement à partir de l’enfant. C'est-à-dire que la résolution d’un problème parte de l’enfant. J’ai institué ce que j’ai appelé la vague des exposés au cours de laquelle j’initie les élèves à la recherche. Il ne s’agit pas de la recherche bibliothécaire ou d'archives matérielles, mais c’est une recherche numérique. Je les initie à la recherche qui va leur permettre d’aller sur Internet et d’avoir des informations sur des sites web crédibles pour pouvoir murir leurs connaissances.

 

Aulycee: quelle est votre vision de l’informatique au Cameroun ?

 

Yannick Patrice Bagnack: L’Informatique au Cameroun est encore précaire. Je pense que c’est un autre challenge pour notre gouvernement de former des jeunes compétents pour pouvoir exceller dans d’autres disciplines. Je le dis toujours à mes élèves « si vous ne faites pas l’informatique, l’informatique va vous faire » A base de l’informatique, vous pouvez avoir une bonne méthode en mathématiques par exemple. Je pense que le gouvernement doit faire quelque chose dans ce sens.

 

C’est parce que nous sommes à Yaoundé que vous m’avez rencontré, mais si vous vous rendez dans mon village à Ndognonomou, vous allez trouver un enseignant de psychologie qui s’est transformé en enseignant d’informatique. En réalité c’est "un charlatan ". C’est le problème du Cameroun : il faut davantage recruter de jeunes camerounais compétents, sortis de bonnes écoles pour mieux conduire ce modèle de scolarisation.

 

En 2011 le ministre a introduit l’informatique aux examens officiels. Cette année ce sera la première des épreuves pour les classes de Première. Il y en a déjà eu 2 en Terminale. Vous voyez que c’est un challenge. Au secondaire l’informatique est un tronc commun pour les séries A, C, et D, donc c’est le même programme.

 

Aulycee: comment organisez vous votre travail ?

 

Yannick Patrice Bagnack: Personnellement, j’ai mon lap top. Tous mes cours sont numériques. Le Bic je l'ai oublié. Je l’utilise pour remplir le cahier de texte. J’arrive en salle, j’ouvre mon lap top, je donne le cours et on se sépare. Au cas où la salle n’est pas inondée de jeunes élèves, pratiquement je leur montre sur mon lap top ce qui se passe en salle de cours, avant d’aller dans la salle de travaux pratiques. Quand on parle d’Excel, de Word, je leur montre quels sont les onglets, les icônes etc. Je suis entrain de voir une autre alternative puisqu’il existe aujourd’hui des téléphones qui prennent des logiciels d’applications et qui deviennent de fait un outil de travail.

 

Je pense à enseigner l’année prochaine avec ma tablette pour faciliter la mobilité au sein de la salle de cours, au lieu d’être fixer sur un lap top branchéà une prise. Au sein de cet établissement, je voudrais arriver à terme à des cours sur vidéoprojecteurs. Je pense qu’il faudrait atteindre le niveau des autres pays développés. Nous sommes en émergence c’est vrai, mais il faut que des lycées et des collèges pensent à rehausser leurs cours, notamment à travers des vidéo projections, pour permettre à l’enseignant de préparer son cours sur un PowerPoint.

 

Aujourd’hui l’enfant est capté par l’image. Lorsque l’œil voit et les oreilles entendent au même moment, il y a une forte probabilité de retenir plus de choses. La dictée et la copie sont dépassées. Il faut les pousser à la recherche avec des exposés.

J’enseigne de la 6ème en Terminale. Pour ce qui est des programmes, dans la pratique en 6ème on fait l’historique de l’informatique, on voit les périphériques de l’ordinateur tout comme en 5ème ,on voit l’initiation à Word. En 4ème on s’imprègne du réseau, des aspects et de la typologie des réseaux. Déjà en 3ème c’est les systèmes de numération, on entre un peu dans Excel voir comment on peut insérer une courbe, faire un calcul automatique. En 2nde ,on est en plein dans la pratique de l’environnement Windows, la création des dossiers, fichiers et autres, la publipostage, l’infographie.

 

En Première on voit aussi l’infographie mais on revient spécifiquement sur la programmation statique HTML, l’algorithmique. En Terminale on entre en plein dans les réseaux et la notion de bases de données, la programmation en JavaScript. De la première en terminale j’ai institué un chapitre 0, que j’appelle connaissance de l’architecture matérielle et logicielle d’un ordinateur.

 

Pour la raison suivante : on a constaté que les deux premières épreuves qui sont venues à l’examen avaient un grand pourcentage sur ce chapitre là: les périphériques, les logiciels. Il revient à l’enseignant de faire cette réminiscence aux enfants, une sorte de rappel des cours depuis la 6ème pour leur éviter d’être surpris le jour de la compo.

Comme logiciels, j’utilise la suite Microsoft Office notamment avec Word, Excel, Powerpoint, Access pour les bases de données. En Terminale, Turbo pascal pour l’algorithmique et en Première aussi. Bref,il y en a d’autres que j’utilise pour adapter la théorie à la pratique.

 

Aulycee: quels sont les capacités du collège en termes d’ordinateurs ?

 

Yannick Patrice Bagnack: La vérité dans le collège B Olive c’est qu’il n’y a pas encore une avancée considérable sur ce plan. Nous avons en projet, mais on va davantage utiliser la salle de TP et trouver un fournisseur d’accès Internet pour arrimer les élèves à la technologie.

 

Aulycee: quelle est la perception de vos élèves et des parents de l’informatique ?

 

Yannick Patrice Bagnack: Parler d’enthousiasme ce serait trop dire. Il y a un gros problème de laxisme de la part des élèves au Cameroun, et qui ne part pas de l’école. En tant qu’auteur, je compte même écrire un livre là-dessus. Il y a trois niveaux d’éducation : la famille, l’école et la rue. La famille et l’école doivent combattre l’éducation de la rue, mais malheureusement ces deux maillons de l’éducation n’ont pas pu combattre le troisième maillon.

 

Les élèves sont davantage désintéressés. Quand bien même je leur parle d’exposés ils deviennent difficile et ne comprennent pas grand-chose. Quand bien même ils vont chercher, c’est du copier-coller, ils ne réfléchissent pas. Bon, il faut rester positif, petit à petit l’oiseau fait son niveau.

 

Aulycee: à votre avis que faut –il faire ?

 

Yannick Patrice Bagnack: C’est un combat de longue haleine puisque cela ne part pas de l’école. C’est un combat qui part de la famille où les parents ont démissionné de leurs rôles. C’est un autre débat car les parents confient toute l’éducation de leurs enfants à quelqu’un qui surement a perdu sa part d’éducation. L’enfant est éduqué d’une manière pas voulu par son papa et sa maman.

 

La conséquence de cet état va se faire ressentir au niveau de l’école. Il y a un travail de fond. Chaque parent doit savoir que l’enfant est tout ce qu’il va laisser de sérieux sur cette terre. Il y a Amram Michel qui a sorti un livre sur l’éducation de l’enfant avant sa naissance. Il enseigne comment se comporter avant la conception, pendant la grossesse et après l’accouchement. Il enseigne quelles sont les paroles prescrites, quelles sont les paroles proscrites.

 

Peu de parents parlent à leurs enfants, d’ailleurs ils n’ont pas le temps. ils rentrent quand l’enfant dort, ils sortent quand l’enfant est parti à l’école et le weekend end ils sont en mission. Le problème n’est plus à l’ordre gouvernemental, mais il est au niveau de la souche fondamentale de la famille. C’est un cycle car beaucoup de parents n’ont pas reçu cette éducation étant bébé, et ils ne savent pas la transmettre à leur tour à moins d’avoir reçu la grâce d’être un éclairé.

 

Aulycee: quels sont vos projets professionnels ?

 

Yannick Patrice Bagnack: Je veux faire dans l’éducation et l’emploi dans mon pays. Malgré le fait que la notion de patrie a disparu de nos jours, je suis encore dans cet esprit là. Je veux produire des livres, des programmes de formation, des ateliers, des foires et des expositions. Comme je l’ai dit l’informatique est encore précaire. Pour nos frères qui viennent des villages pour la faculté dans les universités, c’est difficile.

 

Il faut donc les aider à s’éveiller avec cet outil. Lorsqu’ils vont voir ce que les autres en font ça va les booster. Ça va leur permettre de voir leurs erreurs et de savoir en fonction de leurs capacités se corriger. Je suis dans un programme dont je ne peux pas encore parler ou le dévoiler car il se mijote dans les dossiers. Ce programme est dans ma mutuelle.Une ONG camerounaise pour l’éducation et l’emploi, et c’est le programme phare, qui rentre dans le champ de la formation en informatique.

 

Je suis pour l’évolution du pays pour essayer de changer les mentalités et broyer la mentalité tordue des Camerounais. Si je suis devancé objectivement, ça ne serait pas mal mais de bonne guerre.

 

Aulycee: un dernier mot avant la fin de cet entretien ?

 

Yannick Patrice Bagnack: Pour terminer, je dirais que l’éducation au Cameroun est à revoir. Sur ce plan il y a des conférences et des séminaires qui doivent être organisés, ciblés sur les parents, afin de les interpeller, les éduquer et de les sensibiliser à l’implication dans l’éducation de leurs enfants. C’est le nœud du problème. Je pense que lorsque l’enfant n’est pas accroché sur quelque chose, c’est une sorte de laxisme qui se développe.

 

A mon avis il faut aider les parents à travers des conférences orientées et leur mettre en tête l’idée de l’importance de leur implication dans la formation de leurs enfants. Par exemple, le travail ne finit pas d’ailleurs le travail qu’ils font c’est pour leurs enfants. Les hommes sont comme des plantes, à un moment donné ils fanent, tombent et meurent. Ce qui est une évidence réelle. Quand vous mourez ce qui reste de visible et de sérieux ce sont vos enfants.

 

Propos recuellis par Amelie Laure Kemouo

Mise à jour le Lundi, 10 Mars 2014 10:54
 
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